La GHM officiellement intégrée dans deux stratégies nationales du Cameroun

Date: 23rd September 2017

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  • Le Cameroun a récemment adopté deux stratégies nationales qui incluent explicitement la Gestion de l’Hygiène Menstruelle dans leurs objectifs
  • L’une des politiques signées par le ministère de l’Énergie et de l’Eau et le Ministère de la santé publique comprend la mise en place d’un programme national de commercialisation pour l’assainissement rural, qui comprend la GHM
  • La deuxième stratégie a été signée en 2016 par le Ministère de l’éducation et concerne des pratiques d’hygiène durable dans les écoles

Cet article figure dans la lettre d’information n°10 sur le Programme Conjoint WSSCC / ONU FEMMES sur le Genre, l’Hygiène et l’Assainissement en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Toutes les lettres d’information du programme sont disponibles ici.

La promotion de la gestion de l’hygiène menstruelle (GHM) enregistre des progrès au Cameroun. En effet, deux stratégies nationales récemment promulguées intègrent explicitement la GHM dans leurs objectifs.

La Stratégie nationale d’assainissement total piloté par la communauté (ATPC) validée en 2016, s’appuie sur l’engagement pris par les Etats Membres des Nations Unies de mettre en place des mesures en faveur de l’assainissement pour tous, et sur les objectifs de développement durable, qui entendent permettre à tous les ménages d’avoir accès à un assainissement durable, à un coût abordable d’ici à 2030.

Signée par le ministère de l’Energie et de l’Eau et par le ministère de la Santé publique, la stratégie vise à mettre fin à la défécation à l’air libre dans tout le pays d’ici à 2035. Quatre axes stratégiques la composent, dont l’un (l’axe A2.3) suppose la mise sur pied d’un programme national de marketing de l’assainissement rural, qui intégrera la gestion de l’hygiène menstruelle.

D’ores et déjà, certaines municipalités, telles que Ntui, dans la province du Centre, ont pris de l’avance et réservé un budget à la création d’équipements adaptés aux besoins des femmes. « Le conseil municipal a consacré quelques 10 millions de francs CFA (soit environ 20 000 dollars US), à la construction de toilettes permettant une bonne hygiène menstruelle », indique Mveimba Oumarou, premier adjoint au maire de Ntui. « Elles pourront servir de modèle à d’autres communes. »

Des agents du gouvernment pendant une séance d’apprentissage sur la GHM à Yaoundé .Credit: UN Women.

Signée en 2016 par le ministère de l’Education de base, la deuxième stratégie mentionnant la GHM concerne un milieu capital pour l’avenir du pays et l’adoption durable de bonnes pratiques d’hygiène : les écoles.

Cette Stratégie nationale de promotion de l’alimentation en eau potable, l’hygiène et l’assainissement en milieu scolaire au Cameroun couvre toutes les écoles primaires au plan national, et met particulièrement l’accent sur les écoles des zones d’éducation prioritaire de quatre régions défavorisées (Adamaoua, Est, Extrême-Nord et Nord) regroupant 3907 écoles.

Dans l’état des lieux qu’il dresse de l’accès aux infrastructures d’assainissement et d’hygiène dans les écoles, le document relève que la plupart des latrines affectées aux élèves ne sont (pas) sexo-spécifiques, ce qui n’encourage pas « les filles à les utiliser en période de menstrues et entraîne des périodes d’absentéisme des filles pendant leurs périodes menstruelles.

Par ailleurs, le document aborde la question de la GHM dans le paragraphe consacré à l’intégration de l’éducation à l’eau, l’hygiène et l’assainissement dans les curricula.

Le document souligne que la question de l’éducation à l’hygiène menstruelle reste en général taboue dans les ZEP, déplore-t-il. Cependant, il note que les filles sont de plus en plus libérées et demandent à suivre « les causeries éducatives régulières à ce sujet.

Les filles doivent se sentir en sécurité

Pour promouvoir l’hygiène menstruelle, les auteurs de la stratégie estiment que « les filles doivent se sentir sécurisées », par la mise à disposition de toilettes séparées, de « kits de toilettes appropriés » (serviette hygiéniques, papier, linge si possible, savon) et d’un « centre de santé » dans ou près de l’école, « pour aider les filles à gérer les cas de règles douloureuses ».

Ces nouvelles politiques ministérielles sont saluées par des parlementaires, qui affirment vouloir s’impliquer davantage sur cette question. « J’ai réalisé que la gestion de l’hygiène menstruelle, et même l’assainissement, sont un gros problème », avoue la sénatrice Emma Eno.

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