Au Sénégal, un projet pilote familiarise les communautés rurales avec la gestion des boues fécales

Date: 18th August 2017

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  • On parle de gestion des boues fécales pour désigner la vidange des installations sanitaires et le traitement ou l’élimination des matières fécales collectées. C’est un processus fondamental pour maintenir le statut FDAL (Fin de la défécation à l’air libre)
  • Le programme mené au Sénégal avec l’appui du Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) du WSSCC travaille dans deux communes rurales afin de sensibiliser la population et de veiller à la mise en place d’un système sûr et sain de gestion des matières fécales

Au Sénégal, près d’un demi-million de personnes vivent maintenant dans des communautés ayant mis fin à la défécation à l’air libre (FDAL) grâce au travail mené par un programme appuyé par le Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) du WSSCC depuis 2010.

Dans la région de Matam, qui se trouve à environ 450 km de la capitale Dakar, le succès a été remarquable : la commune de Matam est le seul district des zones ciblées par le programme à avoir atteint et conservé le statut FDAL sur une période de trois ans. Cette réussite est en grande partie attribuable à la mise en œuvre d’initiatives d’assainissement total piloté par la communauté (ATPC), de changement comportemental et de marketing social.

Le défi qu’un grand nombre de communautés rurales de la région doivent maintenant relever est de gérer d’une manière sûre les matières fécales collectées. Les avantages de la fin de la défécation à l’air libre peuvent en effet être annulés par le dépôt sauvage de déchets dans ou à proximité des sources d’eau qui sont destinées à un usage domestique, commercial ou autre. La bonne gestion des boues fécales fait donc partie intégrante de la nouvelle stratégie du WSSCC et est un objectif spécifique pour garantir un « accès sûr à un assainissement adéquat et une bonne hygiène pour tous, partout ».

Par l’intermédiaire d’AGETIP, son partenaire de mise en œuvre, et de NGO Sahel 3000, son agence de mise en œuvre, le GSF appuie un projet pilote dans les communes de Matam et d’Ourroussougi afin de fournir des services structurés de gestion des boues fécales à quelque 30 000 personnes.

« Dans les zones rurales du Sénégal, la gestion des boues fécales était pratiquement inexistante, explique Adama Sy Dogue, gestionnaire de programme chez AGETIP. Lors de la préparation de la première proposition en 2009, le mécanisme de coordination de programme [pour le GSF au Sénégal] s’est déclaré intéressé par la mise sur pied d’un projet pilote. »

Renforcer l’expertise locale

La première étape a été de recenser les structures existantes de gestion des déchets et de recueillir des données sur les types de latrines et les techniques de vidange, ainsi que sur les pratiques de dépôt sauvage des déchets et l’emplacement de ces décharges.

La profession de vidangeur est stigmatisée dans certains pays et contextes ; pourtant, les premiers résultats du projet pilote ont montré qu’à Matam, les vidangeurs sont mieux acceptés que prévu par la communauté locale. Ce sont souvent d’anciens plombiers qui ont une bonne réputation dans la communauté.

Ils ont bénéficié d’une formation et d’activités de renforcement des capacités organisées par le partenaire de mise en œuvre, avec une sensibilisation à la gestion des boues fécales.

En outre, un travail a été mené avec les communautés, en sensibilisant les ménages à l’importance de la vidange des fosses, et les fonctionnaires et dirigeants locaux à l’assainissement.

À l’avenir, le projet entend mettre au point des techniques de transformation des déchets en ressources, par exemple du compost ou du biogaz pour améliorer le rendement agricole des ménages ruraux.

Selon Mme Sy Dogue, bien que la demande de gestion manuelle des boues reste forte, il est important d’œuvrer vers une semi-mécanisation de ce processus pour assurer la conformité avec les nouvelles lois sénégalaises sur l’assainissement.

Elle ajoute que les premiers résultats positifs qui ont été obtenus à Matam, ainsi que la forte prise de conscience de la communauté faciliteront les plans de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) concernant la mise en place de sites de collecte et de traitement des eaux usées rurales et des boues fécales dans dix villes.

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